Il y a encore quelques mois, si on m’avait dit que j’allais ouvrir un terminal pour faire du motion design, j’aurais probablement demandé à la personne si tout allait bien. Je suis monteur vidéo, pas développeur : mon quotidien c’est plutôt Premiere Pro, After Effects, des timelines avec beaucoup trop de pistes (on ne juge pas), du sound design, des animations… Bref, pas vraiment des lignes de code. Et pourtant, en 2026, une partie de mes expérimentations autour du montage vidéo passe maintenant par Claude Code, HyperFrames et ce qu’on appelle le “vibe coding”, avec une idée assez simple sur le papier : expliquer à une IA ce que je veux voir à l’écran et la laisser construire l’animation à ma place.
Ce n’est d’ailleurs pas ma première tentative. En août, j’avais déjà publié mon gros test du montage vidéo automatique par IA après avoir passé plus de 20 heures à essayer d’automatiser une partie de mon travail. Les coupes automatiques étaient catastrophiques, les sous-titres plutôt convaincants et le motion design avec HyperFrames… franchement décevant. Sur toutes mes tentatives, je n’avais réussi à obtenir qu’une seule génération à peu près correcte, et même celle-là n’était pas vraiment exploitable professionnellement. J’étais donc assez loin du fameux scénario où l’on écrit trois lignes dans Claude et où une vidéo digne d’After Effects apparaît miraculeusement 30 secondes plus tard.
Mais les outils évoluent extrêmement vite et, surtout, j’ai continué à creuser le sujet. Avec le recul, mon erreur était probablement d’essayer de transformer l’IA en monteur vidéo autonome, alors qu’elle devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on la traite comme un exécutant spécialisé capable de produire certaines briques précises du montage. C’est là que Claude Code et HyperFrames commencent réellement à avoir du sens.
Le Vibe Coding, c’est quoi exactement ?
Le terme vibe coding a été popularisé en février 2025 par Andrej Karpathy, ancien responsable IA chez Tesla et cofondateur d’OpenAI. Son idée était volontairement un peu extrême : décrire ce que l’on veut à une IA, la laisser écrire le code, tester le résultat et continuer à lui demander des modifications sans forcément examiner chaque ligne qu’elle génère.
En gros, vous voulez une application ? Vous l’expliquez. Un site ? Pareil. Un script qui classe automatiquement 4000 fichiers selon leur contenu ? Allez hop. Vous testez, ça casse, vous dites à l’IA que ça casse, elle corrige, vous retestez… et vous continuez jusqu’à obtenir quelque chose qui fonctionne.
Personnellement, je suis un peu moins kamikaze que ça (surtout dès qu’une IA commence à avoir accès à mes fichiers 😅), mais le principe est extrêmement intéressant pour quelqu’un qui, comme moi, n’est pas développeur. Je peux parfaitement être incapable d’écrire moi-même une animation GSAP complexe tout en sachant exactement à quoi cette animation doit ressembler. Mon expertise reste donc la vidéo, le rythme et la direction artistique ; l’IA peut, elle, s’occuper de traduire une partie de mes instructions en code.
C’est notamment ce qu’a rendu beaucoup plus accessible Claude Code. Anthropic l’a présenté le 24 février 2025 en research preview : contrairement à une simple conversation avec une IA, Claude Code peut travailler directement dans un projet, lire et modifier des fichiers, lancer des commandes et itérer lorsqu’un programme ne fonctionne pas correctement.
Bon. Super pour fabriquer des applications. Mais qu’est-ce que ça vient faire dans du montage vidéo ?
Et si une vidéo pouvait simplement être… codée ?
Quand on pense montage vidéo, on pense naturellement à une timeline. J’ai d’ailleurs un tutoriel complet pour apprendre Premiere Pro si vous commencez de zéro : import des rushs, organisation du projet, coupes, transitions, export… le montage vidéo traditionnel reste évidemment la base.
Mais une animation graphique n’est finalement qu’un ensemble d’éléments qui changent au fil du temps. Prenons un titre : à zéro seconde il est invisible, à 0,3 seconde il commence à apparaître, à 0,5 seconde il se déplace vers le centre, puis à 0,8 seconde il dépasse légèrement sa position finale avant de revenir en place. Même chose pour un graphique, un compteur, une interface ou une transition.
Tout ça peut être décrit par du code.
C’est le principe d’outils comme Remotion, qui permet de produire des vidéos avec React, mais également d’HyperFrames qui utilise directement des technologies web comme HTML, CSS et JavaScript. Et forcément, si une vidéo peut être écrite avec du code, un agent capable de programmer peut commencer à la fabriquer à notre place.
HyperFrames : transformer du HTML en vidéo
HyperFrames est aujourd’hui un framework vidéo open source développé par HeyGen avec une promesse assez claire : “Write HTML. Render video.” Les compositions sont créées en HTML et peuvent utiliser différents moteurs et bibliothèques d’animation comme GSAP, les animations CSS, Lottie, Three.js, Anime.js ou encore WAAPI. Le rendu est ensuite réalisé image par image dans Chromium puis encodé en vidéo grâce à FFmpeg.
La partie vraiment intéressante pour moi, c’est qu’HyperFrames n’a pas simplement été conçu comme un nouvel outil vidéo destiné aux développeurs : il est ouvertement pensé pour les agents IA. Le projet fournit désormais des skills capables d’apprendre à Claude Code, Codex, Cursor ou Gemini CLI comment construire une composition, gérer les animations, lancer la prévisualisation, vérifier le projet puis effectuer le rendu final.
En clair : je peux décrire une animation avec mes mots, l’agent écrit la composition et HyperFrames la transforme en vidéo.
Et là forcément, en tant que monteur, ça commence à m’intéresser beaucoup plus.
Comment utiliser HyperFrames avec Claude Code ?
La mise en place est finalement beaucoup moins compliquée qu’elle n’en a l’air. La documentation officielle recommande directement l’utilisation d’un coding agent et fournit les skills correspondants. HyperFrames est gratuit et open source pour le rendu local, même si l’agent IA ou les éventuels services de génération utilisés autour peuvent évidemment être payants.
Concrètement, le workflow de base ressemble à ça :
- Installer Node.js 22 ou supérieur ainsi que FFmpeg, puis ajouter les skills HyperFrames avec
npx skills add heygen-com/hyperframes. - Ouvrir Claude Code dans le dossier du projet et lui demander d’utiliser
/hyperframespour créer la vidéo souhaitée. - Prévisualiser le résultat avec
npx hyperframes preview, puis expliquer à l’agent ce qu’il doit corriger. - Vérifier la composition avec
npx hyperframes lint. - Effectuer le rendu final en MP4 avec
npx hyperframes render.
La documentation Quickstart officielle d’HyperFrames détaille tout ça et propose même des prompts de départ. Et une fois installé, rien n’oblige évidemment à rester sur les exemples basiques de type « fais apparaître un titre sur un fond sombre ». L’intérêt est justement d’apporter sa propre direction artistique et de faire évoluer le projet comme on le ferait dans un logiciel traditionnel.
Concrètement, comment je crée une animation avec Claude Code ?
Prenons quelque chose que je pourrais réellement avoir à faire dans une vidéo client. La voix dit : « Seulement 18 % des utilisateurs terminent cette étape. » Classiquement, je peux ouvrir After Effects, créer le chiffre, le texte, quelques formes, une jauge, chercher une idée graphique, animer le tout, ajuster mes courbes puis exporter la composition. Ça fonctionne parfaitement, je le fais depuis des années.
Mais je peux aussi demander à l’agent : « Crée-moi une scène sombre et moderne dans laquelle un compteur monte rapidement jusqu’à 18 %, avec une jauge circulaire, le chiffre très visible au centre et une animation assez rapide. Je veux quelque chose de dynamique mais pas un truc de startup SaaS complètement générique. »
Oui, je lui parle parfois comme ça.
L’agent construit alors la composition, ajoute les animations nécessaires et me permet de regarder le résultat dans le navigateur. Et contrairement à certaines démonstrations assez magiques que l’on voit passer, la première version est rarement la bonne.
Claude peut parfaitement générer quelque chose de fonctionnel que je trouve moche, trop lent, trop chargé ou complètement hors sujet. Dans ce cas je peux lui dire : « le chiffre arrive trop doucement », « rapproche le texte », « supprime cette ombre, ça fait template Envato de 2017 », « le mouvement est trop linéaire », « fais entrer le deuxième élément avant la fin de la première animation »… et il modifie directement le projet.
Je relance. Je regarde. Je corrige.
Finalement, je trouve que ça ressemble moins à une IA qui “crée une vidéo toute seule” qu’à un exécutant extrêmement rapide… mais qui a parfois des goûts discutables.
Mon premier test HyperFrames avait été un échec
Et je trouve important de le préciser parce que je pourrais très facilement faire comme si j’avais découvert la lumière aujourd’hui et oublier tout ce que j’avais écrit quelques semaines plus tôt.
Lors de mon premier gros test du montage par IA, HyperFrames était justement la grosse déception. J’avais essayé plusieurs approches : génération automatique depuis une transcription, utilisation de marqueurs sur la timeline, bibliothèque de styles réutilisables… et je n’arrivais quasiment jamais à obtenir quelque chose que j’aurais réellement accepté d’utiliser pour un client. Vous pouvez retrouver les résultats complets dans mon test du montage vidéo automatique avec l’IA.
Le problème, avec le recul, n’était pas seulement HyperFrames. Je demandais à un système encore assez immature de prendre énormément de décisions seul : choisir ce qu’il fallait illustrer, décider du style, fabriquer l’animation et juger lui-même si son résultat était réussi. Bref, je lui demandais de cumuler le boulot d’un monteur, d’un directeur artistique et d’un motion designer.
Forcément, ça partait un peu dans tous les sens.
Depuis, je travaille plutôt sur une logique beaucoup plus encadrée dans laquelle l’agent produit quelque chose de précis, le système analyse le résultat et les corrections sont effectuées par étapes. Et ça change énormément la façon dont j’évalue la technologie.
Là où ça devient vraiment intéressant : l’IA peut regarder son propre rendu
C’est probablement la partie que je trouve la plus prometteuse aujourd’hui. Le workflow ne doit pas forcément s’arrêter à : prompt → code → vidéo.
On peut construire une véritable boucle :
Brief → création → preview → capture → analyse visuelle → correction → nouveau rendu.
Une première composition est générée. Plusieurs images de la vidéo sont ensuite capturées et envoyées à un modèle capable de les analyser. Celui-ci peut signaler qu’un élément sort de l’écran, que deux textes se chevauchent, qu’un contraste est mauvais ou que la hiérarchie visuelle manque de clarté. L’agent reçoit ensuite ces remarques et modifie le projet avant de générer une nouvelle version.
HyperFrames dispose lui-même d’un système de lint destiné à vérifier la structure des compositions avant le rendu, ainsi que d’une boucle de preview pensée pour permettre aux agents de travailler sur le projet de façon itérative.
Pour pousser le concept plus loin, j’ai même commencé à expérimenter un prototype local qui reprend cette logique avec plusieurs rôles distincts : une partie construit la scène, une autre analyse les captures et une dernière décide des corrections à effectuer. Sur l’un de mes premiers vrais essais, une scène d’environ 12 secondes en 1080p 30 fps a demandé environ 30 minutes pour effectuer l’ensemble de la boucle de génération, analyse et correction.
Donc avant qu’on s’emballe : non, ça ne signifie absolument pas que tout est déjà plus rapide qu’After Effects.
Sur ce test, plus de 80 % du temps était d’ailleurs consacré au raisonnement des agents et non au rendu lui-même. C’est lent. Parfois TRÈS lent. Mais ce qui m’intéresse, c’est que la chaîne fonctionne : une IA peut créer une composition, une autre peut la regarder et le système peut repartir en correction sans que je reconstruise manuellement chaque élément.
On est donc encore loin du bouton magique, mais on commence à avoir quelque chose de beaucoup plus intéressant qu’un simple générateur.
Est-ce que l’IA sait vraiment juger un bon motion design ?
Et c’est là qu’on arrive à la vraie limite.
Détecter qu’un texte sort de l’écran, c’est relativement objectif. Détecter deux éléments qui se chevauchent aussi. Mais déterminer que le mouvement manque d’impact, que le style est trop générique ou que la composition “fait cheap”… c’est autre chose.
Plus je teste ces outils, plus je remarque qu’il faut justement avoir un minimum de goût et d’expérience pour obtenir un bon résultat.
Si je demande simplement : « Fais-moi un beau motion design moderne », j’ai de grandes chances d’obtenir le bingo du design IA : gradient violet, cartes arrondies, grosse typo blanche, glow partout et une animation qui pourrait servir aussi bien à une banque qu’à une application de livraison de sushis.
C’est techniquement propre.
Mais ça ne raconte absolument rien.
En revanche, si je sais expliquer pourquoi un élément doit arriver à cet instant, quel mot doit attirer l’œil, quelle information doit être comprise en premier, pourquoi l’animation doit être plus sèche ou pourquoi je veux justement quelque chose de très simple à cet endroit, alors le résultat devient beaucoup plus intéressant.
C’est finalement la même chose qu’avec un logiciel traditionnel : connaître tous les boutons de Premiere Pro ne transforme pas automatiquement quelqu’un en bon monteur. Si certains termes employés ici vous semblent complètement obscurs, j’ai également créé un lexique du montage vidéo qui reprend les principaux formats, techniques et expressions utilisés dans le métier.
Là où Claude Code + HyperFrames commencent déjà à être très utiles
Je ne vais pas vous vendre ça comme le nouveau messie du montage vidéo. Mais certains usages commencent vraiment à devenir intéressants professionnellement.
Prenons les statistiques et les graphiques. Pourcentages, classements, comparaisons, évolutions de données… tout ça est parfaitement adapté à un système programmable. Une fois qu’une animation est créée correctement, je peux remplacer les données et générer une nouvelle version beaucoup plus facilement que si je reconstruisais chaque composition manuellement.
Même chose pour les interfaces. Recréer un faux dashboard ou une application entière dans After Effects peut demander énormément de temps alors qu’en HTML/CSS, on utilise littéralement les technologies prévues pour construire ce type d’interface.
Les animations répétitives sont également un excellent candidat. Si une vidéo présente vingt personnes avec exactement le même habillage, fabriquer la première scène correctement puis demander à l’agent d’adapter les dix-neuf autres me paraît beaucoup plus logique que de refaire la même chose à la main.
Et enfin il y a le prototypage, qui est probablement mon usage préféré. Certaines idées me prenaient auparavant suffisamment de temps à tester pour que je réfléchisse à deux fois avant de les essayer. Là, je peux demander une première version, regarder si l’idée tient la route et décider ensuite si elle mérite vraiment d’être travaillée.
Elle est nulle ? Je la jette.
Pas grave.
Elle fonctionne ? Je continue.
Et rien que ça peut changer la manière de travailler.
HyperFrames ou Remotion : lequel est le meilleur ?
Je parle beaucoup d’HyperFrames ici parce que c’est l’outil que j’expérimente actuellement dans ce contexte, mais Remotion reste évidemment une autre solution très sérieuse.
La différence la plus simple à comprendre est probablement technique : Remotion construit la vidéo autour de React, tandis qu’HyperFrames adopte une approche plus directement basée sur HTML/CSS/JavaScript et met énormément en avant les workflows avec agents IA. HyperFrames est d’ailleurs conçu sans obligation d’utiliser React et sa CLI permet de prévisualiser, inspecter, vérifier puis rendre les compositions localement.
Je ne pense donc pas qu’il faille absolument choisir son camp. Comme souvent dans le montage vidéo, le meilleur outil est surtout celui qui correspond au travail à réaliser.
HyperFrames peut-il remplacer After Effects ?
Pour moi : non.
En tout cas pas aujourd’hui, et surtout pas pour tout.
After Effects reste un énorme logiciel avec du compositing, du tracking, des masques, de la rotoscopie, des expressions, des effets, énormément de plugins et un niveau de contrôle manuel très difficile à remplacer.
Il y a également un truc extrêmement basique qu’on oublie vite lorsqu’on s’enthousiasme pour les agents : dans After Effects, si je veux déplacer un élément de dix pixels vers la gauche, je le prends et je le déplace.
Terminé.
Avec un agent, je peux parfois devoir expliquer ce que je veux, attendre la modification, regarder le résultat puis reformuler parce que le déplacement n’est pas exactement celui que j’avais en tête. Pour une micro-correction, ça peut être complètement contre-productif.
En revanche, si je dois fabriquer une composition complète avec dix éléments, des timings précis et plusieurs animations, le calcul change. Si l’IA me fait gagner 30 minutes de création et que je perds cinq minutes à reprendre certains détails, je prends.
Le but n’est donc pas de remplacer After Effects avec HyperFrames.
Le but est d’éviter d’utiliser After Effects pour quelque chose qu’un autre outil pourrait produire plus rapidement.
Et pour faire un montage YouTube complet automatiquement ?
Là, je suis toujours beaucoup plus sceptique.
Une vidéo YouTube ne se résume pas à supprimer des blancs dans une transcription. Il faut choisir entre plusieurs prises, décider si un silence est gênant ou s’il participe justement au rythme, comprendre une blague, parfois laisser volontairement respirer une scène et parfois au contraire couper quatre images plus tôt simplement parce que “ça marche mieux”.
Ce sont de minuscules décisions, mais une vidéo de dix minutes en contient des centaines. Et c’est justement l’accumulation de toutes ces décisions qui crée le rythme d’un montage.
C’est d’ailleurs ce qui avait complètement saboté mes premiers tests de montage automatique : sur le papier, l’IA avait bien supprimé les hésitations et sélectionné des prises. En pratique, le résultat était bien moins agréable à regarder que si j’avais simplement monté la séquence moi-même.
Pour toute cette partie, je préfère donc toujours largement une véritable timeline. Premiere Pro reste au centre de mon workflow et, si vous souhaitez comprendre comment fonctionne un montage classique avant de commencer à confier des morceaux du boulot à des robots (c’est quand même mieux 😁), vous pouvez lire mon tutoriel Premiere Pro pour débutants.
Mon workflow idéal devient donc hybride
Je pense que c’est finalement là que se situe le vrai intérêt de toutes ces technologies.
Je ne veux pas donner mes trois heures de rushs à Claude Code en lui disant : « Débrouille-toi et rappelle-moi quand la vidéo est terminée. »
Je veux monter normalement ce qui nécessite mes décisions : choix des prises, coupes, rythme, narration, musiques, sound design, construction générale. Puis, lorsqu’une séquence nécessite un graphique, une interface, un compteur, un habillage répétitif ou une animation particulière, je peux confier cette partie à un agent spécialisé.
Le workflow ressemble alors plutôt à :
Premiere Pro → agent IA → HyperFrames / Remotion → rendu → retour dans Premiere Pro.
Ça fait évidemment une miniature YouTube beaucoup moins sexy que « J’AI REMPLACÉ MON MONTEUR PAR CLAUDE 😱 ».
Mais dans la vraie vie, c’est beaucoup plus utile.
Et c’est probablement comme ça que je vais continuer à intégrer ces outils dans mes prestations de montage vidéo freelance : pas en retirant le monteur du processus, mais en essayant de retirer les tâches qui me font perdre du temps sans apporter énormément de valeur créative.
Le vrai changement n’est peut-être pas l’outil… mais le rôle du monteur
C’est finalement l’aspect qui me paraît le plus important.
Pendant longtemps, être rapide en montage signifiait principalement être rapide avec son logiciel : connaître ses raccourcis, organiser correctement ses rushs, avoir ses presets, savoir créer un effet sans passer une heure à chercher un tutoriel.
Tout ça reste évidemment utile.
Mais une nouvelle compétence apparaît progressivement : savoir diriger des outils qui exécutent une partie du travail à notre place.
Je peux maintenant imaginer un workflow dans lequel un agent génère une animation, un modèle analyse le rendu, un autre outil produit une image, un script automatise certaines tâches répétitives et Premiere Pro centralise tout le reste.
Moi, je reste au milieu.
Je décide quoi utiliser.
Je juge le résultat.
Je corrige.
Et surtout, je prends les décisions créatives.
Avec le recul, c’est probablement là que je m’étais trompé lors de mes premiers tests du montage vidéo automatique : j’essayais de remplacer le monteur alors que l’IA devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on cherche à augmenter ses capacités.
Est-ce que Claude Code peut vraiment remplacer un monteur vidéo ?
Aujourd’hui, je ne confierais toujours pas à Claude Code mes rushs en disant : « Tiens, fais-moi une bonne vidéo YouTube avec ça. »
Pas pour un projet client.
Clairement pas.
Par contre : « Fabrique-moi cette animation précise, dans ce style précis, pour cette partie précise de mon montage. »
Là ?
On commence vraiment à parler.
Et vu la vitesse à laquelle tout ça évolue, je préfère apprendre à utiliser ces technologies maintenant plutôt que découvrir dans trois ans qu’un concurrent produit deux fois plus vite simplement parce qu’il les a intégrées avant moi.
Je ne pense pas que l’IA va faire disparaître les monteurs du jour au lendemain. En revanche, les monteurs capables d’utiliser correctement l’IA risquent de devenir beaucoup plus productifs que ceux qui refusent totalement de s’y intéresser.
Et ça, ce n’est pas vraiment la même chose.
FAQ : Claude Code, HyperFrames et montage vidéo
Peut-on faire du montage vidéo avec Claude Code ?
Oui, même si Claude Code n’est pas un logiciel de montage vidéo au sens traditionnel. Il peut écrire et exécuter du code utilisant des outils comme HyperFrames, Remotion ou FFmpeg pour générer des animations, traiter des médias et automatiser certaines tâches. Pour le montage créatif d’une vidéo complète avec plusieurs rushs, une timeline comme Premiere Pro reste à mon avis beaucoup plus adaptée.
Qu’est-ce qu’HyperFrames ?
HyperFrames est un framework vidéo open source qui permet de créer des compositions en HTML, CSS et JavaScript puis de les rendre sous forme de vidéo. Il fournit également des outils spécifiques destinés aux agents IA comme Claude Code, Codex, Cursor et Gemini CLI.
HyperFrames est-il gratuit ?
Oui, HyperFrames est open source sous licence Apache 2.0 et le rendu local n’impose pas de frais par vidéo. L’utilisation de Claude Code ou de services externes de génération d’image, de voix ou de vidéo peut en revanche avoir son propre coût.
Comment installer HyperFrames avec Claude Code ?
Le moyen recommandé consiste à installer les skills avec npx skills add heygen-com/hyperframes, puis à ouvrir ou redémarrer Claude Code dans le projet. Le skill /hyperframes peut ensuite être utilisé pour demander directement la création d’une composition.
Peut-on créer du motion design avec une IA ?
Oui, et c’est selon moi l’un des domaines dans lesquels ces outils commencent à devenir vraiment intéressants. Les textes animés, graphiques, compteurs, interfaces, comparaisons et autres éléments programmables sont particulièrement adaptés. Pour du compositing complexe ou beaucoup de retouches manuelles, After Effects reste aujourd’hui beaucoup plus confortable.
HyperFrames peut-il remplacer Premiere Pro ?
Non, les deux outils répondent à des besoins très différents. Premiere Pro est avant tout conçu pour monter des rushs sur une timeline, tandis qu’HyperFrames est particulièrement adapté à la création de compositions et d’animations programmatiques. Personnellement, je trouve beaucoup plus logique de les utiliser ensemble.
HyperFrames peut-il remplacer After Effects ?
Sur certaines animations simples ou répétitives, éventuellement. Pour du compositing avancé, du tracking, de la rotoscopie ou des animations nécessitant énormément d’ajustements manuels, After Effects reste bien plus complet.
Quelle différence entre HyperFrames et Remotion ?
Remotion s’appuie principalement sur React pour générer des vidéos programmatiques. HyperFrames travaille directement avec HTML, CSS et JavaScript et a été pensé dès le départ pour être facilement piloté par des agents de programmation.
Alors, le Vibe Coding est-il le futur du montage vidéo ?
Je ne sais pas. Et méfiez-vous de ceux qui vous répondent avec certitude à une question pareille 😁.
Ce que je sais en revanche, c’est qu’une nouvelle boîte à outils est clairement en train d’apparaître. Claude Code peut programmer, HyperFrames peut transformer du code en vidéo, des modèles peuvent regarder le résultat et il devient possible de relier tout ça pour automatiser progressivement certaines parties d’un montage.
Il y a encore énormément de choses qui ne fonctionnent pas correctement et, si je dois monter un projet client demain, Premiere Pro et After Effects resteront mes outils principaux sans aucune hésitation.
Mais contrairement à mes premiers essais, je commence à voir des cas où cette manière de travailler peut réellement m’éviter des tâches longues ou répétitives.
Et ça, pour moi, c’est beaucoup plus intéressant que toutes les promesses de « montage vidéo 100 % automatique en un clic ».
Parce qu’au fond je ne cherche pas une intelligence artificielle capable de faire mon métier à ma place.
Je cherche des outils qui me permettent de faire mieux, et surtout plus vite, ce que je sais déjà faire.
Et ça commence sérieusement à arriver.