Le derush : trier ses rushs avant de monter
En bref
Le derush, c’est l’étape où on regarde tous les rushs (les fichiers bruts du tournage) avant de monter, pour trier et garder les meilleures prises. Pas très glamour, mais tout le reste en dépend.
Le derush, c’est un peu le travail de l’ombre du montage. Le spectateur ne le verra jamais, personne ne vous félicitera pour un « super derush »… et pourtant, c’est souvent lui qui fait la différence entre une vidéo qui traîne et une vidéo qui file.
Avant de couper quoi que ce soit, il faut savoir ce qu’on a sous la main. Et quand on se retrouve avec une heure de rushs pour une vidéo de dix minutes, ça ne s’improvise pas.
Derush : la définition
Le mot vient de « rush », le nom donné aux fichiers bruts qui sortent de la caméra. Dérusher, c’est donc passer en revue tous ces fichiers pour faire le tri : garder les bonnes prises, écarter les ratées, repérer les passages intéressants, et noter ce qui servira où.
Sur une vidéo YouTube face caméra, par exemple, ça veut dire écarter les phrases recommencées, les hésitations, les passages où l’on s’est trompé, et ne garder que la meilleure version de chaque idée.
Pourquoi c’est une étape à ne surtout pas bâcler
Parce que le rythme d’une vidéo se décide en grande partie ici. Si le derush est bien fait, le montage devient presque un jeu d’assemblage. S’il est bâclé, on se retrouve à chercher une prise pendant dix minutes, à hésiter entre trois versions de la même phrase, ou pire, à passer à côté du meilleur moment de la vidéo.
C’est aussi pendant le derush que je repère le futur hook : cette phrase dite un peu par hasard au milieu du tournage, ou cette réaction spontanée qui fera une accroche parfaite.
Ma méthode pour dérusher
- Tout ranger d’abord : un dossier par type de fichier (vidéo, audio, musique, images) avant même d’ouvrir le logiciel. Ça paraît bête, mais ça évite pas mal de galères.
- Tout visionner une première fois : sans couper, juste pour avoir une vision d’ensemble du contenu.
- Marquer les bons passages : avec des marqueurs ou des couleurs dans le logiciel, pour retrouver en un clin d’œil les prises à garder.
- Faire un premier bout-à-bout : une version brute qui met les bons morceaux dans l’ordre, avant d’affiner le rythme.
- Travailler en proxy si les fichiers sont lourds : pour que tout reste fluide, même en 4K.
Conseil de monteur
Sur une vidéo face caméra, le derush et les premières coupes se font souvent en même temps : on retire les silences et les hésitations au fur et à mesure, à coups de jump cuts.
Comment préparer vos rushs pour votre monteur
Si vous confiez votre montage, vous pouvez faire gagner beaucoup de temps (et donc d’argent) à votre monteur avec quelques réflexes simples :
- Envoyez tous vos rushs en une seule fois, avant le début du montage. Les fichiers qui arrivent au compte-gouttes, c’est le meilleur moyen de tout recommencer.
- Indiquez la bonne prise quand vous avez recommencé une phrase plusieurs fois (un simple « la dernière est la bonne » à voix haute pendant le tournage suffit).
- Nommez vos fichiers clairement, surtout s’il y a plusieurs caméras ou un micro séparé.
- Tapez dans vos mains au début quand le son est enregistré à part : ça permet de synchroniser image et son en un instant.
- Joignez un petit brief : ce que vous voulez garder absolument, ce qu’il faut couper, le ton de la vidéo.
En résumé
Le derush, c’est le moment où l’on transforme une pile de fichiers en matière première utilisable. Ce n’est pas l’étape la plus glamour du montage, mais c’est clairement l’une des plus importantes. Du coup, la prochaine fois que vous trouverez une vidéo particulièrement fluide, dites-vous qu’il y a sans doute eu un sacré derush derrière !
Pour aller plus loin
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Je suis monteur vidéo freelance depuis 2015, spécialisé dans le montage YouTube, les Shorts et les Reels. Parlez-moi de votre projet : je vous réponds personnellement sous 24 h.